Dans cette famille où le rôle principal de l’épouse est de donner naissance à un héritier mâle, Marianne se doit d’être soumise à son mari et d’être une maîtresse de maison accomplie. Personne ne fait attention à elle, à ses désirs et à ses sentiments. Sa fille adolescente frise l’insolence et ne lui obéit pas. Son fils de huit ans n’a aucun geste de tendresse envers elle. Pour son mari, elle est une assistante et pour son beau-père, une auxiliaire de vie qu’il tyrannise.
Les seules personnes qui font preuve de sollicitude et de solidarité vis-à-vis d’elle sont des femmes : ses belles-sœurs, la domestique et sa fille, après une explication salutaire. Tout bascule quand elle retrouve un homme qu’elle a connu dans sa jeunesse. Elle commence par le repousser puis, touchée par sa gentillesse et son écoute, elle se laisse approcher et se confie.
La fin du film n’est pas convenue, mais pleine d’espoir avec, comme accompagnement musical, une version de la chanson de Nina Simone : « Ain’t got no home, I got life. Je n’ai pas de maison mais j’ai la vie ».
Mélanie Thierry est une fois de plus excellente, aussi bien quand elle est terne, effacée, soumise, que quand un sourire plein de tendresse illumine son visage. Eric Caravaca […]