Jusqu’au bout du suspense. Après quatre heures de délibérations intenses, la commission d’enquête portant sur l’audiovisuel public, plus précisément sa « neutralité » et son « financement », a donné lundi 27 avril son assentiment au rapport produit par le député UDR Charles Alloncle, comme l’indique franceinfo. Validé à douze voix pour et dix voix contre, le dossier, long de 400 pages et fruit de plus de quatre mois d’auditions, sera donc publié le 4 mai prochain, comme l’a précisé le député Horizon Jérémie Patrier-Leitus, président de la commission.
Ce rapport contient par ailleurs pas moins de 80 recommandations pour modifier le fonctionnement de l’audiovisuel public afin de dégager, selon le rapporteur, la somme d’un milliard d’euros. Ce qui inclut, de façon non exhaustive, la suppression ou la fusion de chaînes et radios publiques. Il préconise l’unification de France 2 et France 5, ainsi que la fermeture de Mouv’, radio créée en 1997, et de France 4, relève Le Figaro.
À noter qu’aussi décrié soit-il, le texte n’a pas de valeur contraignante, et n’engage aucune institution à le reprendre. Il pourra notamment servir de base à des projets de loi ou des règlements, mais seul l’avenir le dira.
Des réactions contrastées
L’adoption de ce rapport controversé suscite des réactions qui le sont tout autant. Dans le camp du rapporteur, le patron de l’UDR, Éric Ciotti, a salué la « concrétisation » d’un travail « courageux et salutaire », et le Rassemblement national, par la voix de Jordan Bardella, de lui emboîter le pas en encensant « un remarquable travail d’enquête parlementaire ».
Charles Alloncle a quant à lui confié qu’avant d’en arriver à l’approbation de son travail, « il a fallu un certain nombre de compromis lors des discussions pour arriver à ce vote favorable, ça n’a pas été chose aisée ». En effet, de nombreuses critiques ont été émises envers son rapport, dont son ton et ce que franceinfo décrit comme des « soupçons d’ingérence extérieure », le président de la commission ayant lui-même reconnu que des « éléments concordants » allaient en ce sens.
À droite et au centre, les réactions sont plus mitigées. Certains, comme le député LR François-Xavier Ceccoli, prennent de la distance avec le document en ne le validant pas « dans son intégralité ». C’est bien sûr du côté gauche du spectre politique, qui défend l’audiovisuel public, que se font entendre les remarques les plus acerbes.
« Le rejet de son rapport n’aurait été que justice », lâche ainsi la cheffe de file des Écologistes, Marine Tondelier, dénonçant « un torchon truffé de contre-vérités » que Charles Alloncle « savait lui-même parfaitement inacceptable ». Elle est rejointe par la députée PS Ayda Hadizadeh : « Nous ne pouvons pas laisser entrer dans les archives de l’Assemblée un rapport qui est fait comme un tract du RN et de l’UDR. […] L’Assemblée doit être crédible. Nous, si on entérine le rapport, on entérine aussi des mensonges, et donc on vient discréditer l’Assemblée. »

