Change ton mindset, change ta vie.» La formule a la simplicité des évidences contemporaines. Elle circule d’un séminaire à l’autre, s’impose comme un horizon: celui d’un individu sommé de devenir l’artisan de sa propre transformation. Sur scène, Tony Robbins – coach et essayiste américain – en incarne la version la plus spectaculaire.
Depuis les années 1990, il s’est imposé comme un des visages mondiaux du développement personnel, fréquentant célébrités, dirigeants politiques et figures médiatiques. Ses séminaires, facturés plusieurs milliers de dollars, promettent une expérience totale: une immersion où le corps, les émotions et les croyances sont mobilisés pour produire un déclic.
Au cœur de ce théâtre du changement, un message revient: « La seule chose qui vous empêche d’avoir ce que vous voulez, c’est l’histoire que vous vous racontez. » D’autres voix, plus académiques, tiennent un discours plus mesuré, à l’instar de Carol Dweck, professeure de psychologie sociale à l’Université Stanford. Dans son livre Osez vraiment réussir! Changez votre mindset, elle insiste sur l’importance du processus: «Devenir est plus important que paraître. L’effort, l’apprentissage, la progression comptent davantage que le résultat immédiat.» À première vue, ces approches semblent converger: mieux se connaître pour mieux vivre. Mais derrière ce consensus apparent, une tension se dessine: jusqu’où l’individu […]
Le développement personnel contre le collectif ?
Le développement personnel promet l’autonomie et la transformation. Mais en ramenant tout à l’individu, ne risque-t-il pas d’effacer le collectif et d’uniformiser les existences ?