Par Véronique Monnard, Diacre, paroisse d’Oron
C’est une réalité qui ne se discute pas. Depuis des années, une dynamique descendante traverse l’EERV. Les forces ministérielles diminuent, l’engagement bénévole se fragilise, les moyens financiers se resserrent et la distance culturelle vis-à-vis de l’Église s’accentue. Cette évolution n’est ni anecdotique ni passagère. Elle s’inscrit dans une transformation profonde de notre paysage religieux. La réforme Église 29 en prend acte. J’y vois une invitation à cesser de nous rêver grands et à renoncer à retrouver par nos efforts une influence perdue.
Une seule lecture possible
Face à cette décroissance, nous risquons de laisser la courbe descendante définir toute notre interprétation et notre motivation. Lorsque les indicateurs baissent, nous avons vite fait d’en conclure que tout décline. L’énergie se concentre alors sur la préservation de ce qui reste. Et si nous apprenions plutôt à nous réjouir d’une Église qui change d’échelle et retrouve de l’agilité, passant du paquebot à une flottille légère.
Des élans contraires déjà là
Notre enthousiasme peut être tenté de suivre la courbe de notre réduction : rêver petit, baisser la tête et attendre la fin. Pourtant, d’autres dynamiques sont de tout temps déjà à l’œuvre. Des adultes demandent le baptême après un cheminement réfléchi. Des groupes se rassemblent autour d’une lecture biblique exigeante ou simplement pour prier ensemble. Des responsables laïques prennent des initiatives courageuses avec discernement. Des collaborations entre paroisses, avec des associations et des communes […]
