La sexualité, comme rencontre de deux visages
Théologie

La sexualité, comme rencontre de deux visages

Si le couple est ce qui met fin à la solitude de l’humain, elle est la rencontre de deux différences, de deux visages. L'analyse du théologien Antoine Nouis.

Un contenu proposé par Le blog d'Antoine Nouis

Publié le 24 septembre 2021

Auteur : Antoine Nouis

La première parole sur l’humain qui est dite dans la Bible le définit comme un être marqué par le manque : Il n’est pas bon que l’humain soit seul (Gn 2.18). L’enjeu de l’humanité est de savoir ce qui mettra fin à la solitude fondamentale de chaque humain­. Les versets qui suivent pose la différenciation sexuée comme dépassement de la solitude structurelle puisqu’en découvrant la femme, l’homme s’écrie : Cette fois c’est l’os de mes os, la chair de ma chair.

La suite du récit est une allusion transparente à la sexualité quand il est écrit que les deux deviendront une seule chair. Cette affirmation est encadrée par deux affirmations : L’homme quittera son père et mère et L’homme et la femme était tous les deux nus.

Quitter son père et sa mère est un marqueur de liberté. Le couple n’est pas appelé à reproduire le modère de ceux qui l’ont précédé, mais à défricher sa propre histoire.
Être nu l’un devant l’autre est un marqueur d’authenticité. Être nu, c’est avoir déposé ses masques, ne pas cacher ses fragilités. Un couple est un fragile devant un fragile.
Si le couple est ce qui met fin à la solitude de l’humain, elle est la rencontre de deux différences, de deux visages. Un très beau commentaire rabbinique raconte que lorsque le Seigneur a présenté les animaux à l’humain, ils étaient en train de s’accoupler l’un sur le dos de l’autre : ils ne se regardaient pas. Lorsqu’il lui a présenté la femme, l’homme a compris qu’ils pourraient faire l’amour en se regardant. La sexualité devient  la rencontre de deux visages.

À l’inverse, selon une vieille tradition qui remonte aux Pères de l’Église, dans l’Hadès, les enfers, les hommes sont attachés dos à dos de sorte qu’ils ne peuvent jamais voir le visage de leurs compagnons d’infortune. L’enfer, c’est l’autre sans visage.

La rencontre des visages nous rappelle que la Genèse s’oppose à une compréhension de l’identité qui définit l’humain autonome, seul avec lui-même sur son île déserte. L’humain est un être de relation, qui se comprend lui-même dans et grâce à la rencontre avec l’autre dans sa différence irréductible. La sexualité est le signe de cette relation au croisement du désir et de l’accueil de l’altérité. Elle est une école de comportement car il faut du temps, de la délicatesse, de la parole et de l’écoute pour atteindre l’harmonie des corps.

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