C’est un livre passionnant à plus d’un titre.

Il traite d’un sujet original et rarement abordé : l’évolution dans le judaïsme d’après JC, de la manière de concevoir le Messie et le messianisme, et, en particulier, sa fonction dans la politique.

Il nous fait découvrir l’histoire des « faux » messies du judaïsme, et celle-ci (au même titre que celle de tous les courants suscités par des gourous et des illuminés) est passionnante tant elle révèle la force des croyances religieuses dans le champ du politique.

Il est écrit par une docteure en psychopathologie et en psychanalyse et donne de ce fait une analyse freudienne et lacanienne du sentiment religieux, de ses déviances et aussi des idéologies politiques et en particulier révolutionnaires.

Je retiens les points qui m’ont le plus intéressé.

a – Le messianisme juif met en tension deux figures du Messie, l’une qui instaure une révolution dans l’aujourd’hui (le Messie fils de Joseph) et l’autre (le Messie fils de David) qui reporte l’avènement des temps nouveaux dans un futur eschatologique (De fait, pour le christianisme, le Royaume de Dieu inauguré par Jésus-Messie est vu tantôt comme un « déjà là », tantôt comme un « pas encore là »).

La première figure du Messie est politique et incarnée dans les remous […]