Serge Brunet, agrégé d’histoire et professeur d’histoire moderne à l’Université de Montpellier, nous offre cet énorme et magnifique travail sur cette femme de la Renaissance, la dernière des Valois, belle, cultivée, intelligente, objet de convoitise, de fantasmes et de dénigrements.

Au début des années 1570, le royaume des Albret était réduit à la portion congrue et le port de cette couronne était contesté par les rois catholiques. Jeanne d’Albret, la reine de Navarre, en soumettant ses terres au calvinisme, avait pris le dangereux parti de rejeter le joug des Valois et d’accroître la menace espagnole. Pourtant la reine de Navarre, peu avant son décès le 9 juin 1572, avait fini par accepter le mariage de son fils avec Marguerite de Valois, mariage qui fut suivi par le massacre de la Saint-Barthélemy, le 24 août. Le 16 octobre, Henri de Navarre s’était converti au catholicisme, avait rétabli le catholicisme en Béarn, exigé la restauration des biens de l’Eglise et l’expulsion des ministres protestants, pour éviter l’annexion à la France du Béarn et de la Navarre.

Début février 1576, par opportunisme politique plus que par choix philosophique ou religieux, Henri s’échappa de la Cour de France où il était retenu prisonnier et, pour pouvoir prendre la tête de son armée, confia à sa sœur la lieutenance générale du Béarn et de la Navarre. En effet, se succédèrent […]