Qui êtes-vous ?
Je suis journaliste, c’est-à-dire plus ou moins spécialiste de beaucoup de sujets. On voit plus mon travail sur la chanson française, notamment dans mes chroniques « Ces chansons qui font l’actu » sur la radio France Info ou comme sujet de la majorité de la quarantaine de livres que j’ai écrits. Mais je travaille aussi sur le cinéma populaire, les musiques anglo-saxonnes, le monde créole, l’empreinte du protestantisme dans les musiques actuelles… Ma vocation était le journalisme, comme un prolongement naturel de ma curiosité obsessionnelle d’enfant et des insupportables rafales de « pourquoi » que j’adressais à mes parents et à mes enseignants. Peu à peu, des circonstances professionnelles m’ont conduit à recentrer cette curiosité.
D’où vient celle que vous nourrissez pour la musique ?
J’ai été très tôt exposé à des genres très différents : la passion de ma mère pour la chanson, celle de mon père pour le jazz, puis en Guadeloupe le bombardement constant des musiques dans l’espace public, où elles ont plus d’importance qu’en Europe – les tambours du gwoka dans les rues le samedi ou pendant le carnaval, la soul américaine, les musiques latines, brésiliennes ou des Antilles anglophones, la biguine, la longue généalogie qui amène à la naissance du zouk… Très tôt, j’ai perçu intuitivement que la musique n’est pas seulement constituée de notes et de paroles mais aussi d’histoire, de sociologie et d’une infinité d’expériences humaines. Je me souviens avoir observé qu’un médecin qui écoute Vivaldi […]
