Penser le christianisme d’aujourd’hui, c’est aussi penser le christianisme des origines et ses différents visages. Le christianisme africain n’échappe pas à cette règle. En se penchant sur ses origines, nous pouvons ainsi mieux cerner certaines réalités contemporaines. Afin de contribuer à cette réflexion, la Faculté Universitaire de Théologie Protestante (FUTP) organise du 4 au 6 mai 2026 un colloque international intitulé « Biblia Africana : Égypte/Nubie/Éthiopie, La Bible en ses réceptions africaines, de l’Antiquité au Moyen Age ». Il y sera question d’apporter au public des informations sur la manière dont les textes bibliques ont été reçus dans les christianismes africains et ont par la suite contribué à façonner en un certain sens les sociétés africaines. Alors que le Moyen-Orient se présente comme le berceau du christianisme et que les puissances occidentales sont dépeintes comme les propagatrices de celui-ci en Afrique par le biais de la colonisation, beaucoup de travaux se sont intéressés au christianisme africain depuis l’époque contemporaine en soulignant le rôle majeur et polémique de la colonisation de l’Afrique ; cette approche historique a parfois occulté les connaissances historiques sur le christianisme africain. Ce colloque est l’occasion de réfléchir à ces questions et de montrer que le christianisme en Afrique est une réalité ancienne qui a influencé de longue date la vie des peuples africains depuis leur pratique religieuse, en passant par l’art, la culture, la littérature jusqu’à l’exercice même du pouvoir politique. Sur un plan plus théologique, ce colloque constituera un espace propice à la compréhension de l’Afrique en tant que laboratoire de production d’une herméneutique propre aux peuples africains à partir de leur contexte et des difficultés qu’ils ont rencontrées dans la quête du sens des textes bibliques. A ce titre, le choix de l’Égypte, de la Nubie et de l’Éthiopie n’est pas anodin. Ces pays de l’Afrique de l’Est représente un axe cohérent sur le plan historique et géographique. C’est pourquoi nous avons choisi de privilégier cet axe en laissant partiellement de côté le christianisme de l’Afrique du Nord qui témoigne pourtant, lui aussi, de contacts fort anciens avec […]