Autrice suédoise descendante du peuple autochtone sami, Elin Anna Labba rend hommage à des voix féminines fragiles et résistantes, menacées de disparition dans Je suis la mer. A 85 ans, l’héroïne de Grand Prince d’Alexia Stresi opère un étonnant rebondissement grâce à une sculpture de crapaud qui va réenchanter sa vie.
Nord de la Suède, printemps 1942. La veuve Ravdna élève sa fille avec sa sœur. Pêcheuses et éleveuses de rennes, ces nomades samies retrouvent leur lieu de résidence estivale. Mais leur hutte a été engloutie par un barrage construit en leur absence, sans qu’elles en aient été informées. Les berges, les chemins, les plantes médicinales, les maisons et les tombes ont été effacées, noyées dans l’eau du lac. Refusant d’être ainsi rayée de la carte, Ravdna s’acharne et reconstruit une maison en tourbe de ses propres mains, défiant la loi qui interdit aux samis d’être sédentaires. Pour préserver leurs souvenirs, leur culture, ces femmes vont tenter à plusieurs reprises de sauver ce qui peut l’être, de rebâtir leur habitation à chaque fois que le niveau de l’eau monte. En 1969, la construction d’un nouveau barrage hydraulique pour produire de l’électricité entraîne un conflit de générations. Farouchement opiniâtre, la mère fait acte de résistance pour préserver son identité, sa mémoire, tandis que sa fille adhère aux changements pour s’adapter. Le style poétique sublime les […]
