Vous le savez. Mais oui, vous le savez. L’injustice d’une postérité mal disposée, les malentendus qui s’imposent au fil des années, l’ignorance où plonge, par un coup du sort inadmissible, un écrivain de grand talent, telles sont les données d’un problème qui se pose à chaque génération. Dans un format de poche élégant, la réédition d’un roman rédigé sous l’Occupation, paru juste à la Libération, devrait vous convaincre sans difficulté que Chamson valait mieux que Chardonne quand il s’agissait d’être lucide. Le Puits des miracles se déroule dans une petite ville qu’autrefois nous aurions dit « de province ». Les habitants vivent comme ils peuvent, s’arrangent, composent ou collaborent.

En métaphore de ces temps de tragédie, le tueur de chiens. « Il cachait son fouet derrière son dos et s’approchait d’un air rêveur des bêtes errantes qui cherchaient leur pâture dans les ruisseaux. Mais […]