Moins d’un an après son élection, Léon XIV, premier pape étatsunien de l’Histoire, se retrouve paradoxalement dans le collimateur de la Maison-Blanche. Son crime ? Avoir rappelé en janvier qu’une diplomatie de consensus vaut mieux qu’une diplomatie de la force. En critiquant la « doctrine Donroe » – l’actualisation par l’administration Trump de la doctrine Monroe (la domination du continent américain par les États-Unis) –, l’évêque de Rome s’est attiré les foudres du Pentagone.
Cela a entraîné des pressions sur les diplomates du Vatican ainsi qu’une menace plus ou moins voilée : l’instauration d’une « papauté alternative » ou d’un antipape, sur le modèle des papes d’Avignon, rapporte The Free Press dans un article début avril. Ce chantage fait écho au Grand Schisme d’Occident du 14e siècle, quand la Couronne de France « domestiquait » l’autorité papale en Avignon. Dans une Europe marquée par la Guerre de Cent Ans, deux courants politiques rivaux, dont les papes à Rome et en Avignon se succédaient simultanément, se sont excommuniés réciproquement de 1378 à 1417.
La fracture du catholicisme identitaire
Si l’on pense immédiatement aux évangéliques (20% du corps électoral) lorsqu’on évoque la religion aux États-Unis, les catholiques occupent des positions d’autorité stratégique. La majorité des juges conservateurs à la Cour suprême sont catholiques, tout comme le vice-président […]
