Donald Trump a supprimé, lundi 13 avril, une image générée par l’intelligence artificielle qu’il avait publiée la veille et dans laquelle il apparaissait sous les traits de Jésus. Le message était accompagné d’un message injurieux à l’égard du pape Léon XIV qu’il jugeait « faible face à la criminalité ». Aux États-Unis, où 62% des adultes se déclarent chrétiens, l’image et ces propos ont déclenché une controverse, certains estimant que cette représentation était blasphématoire. Pour s’expliquer, le président républicain a argué que l’image le représentait « en tant que médecin, soignant les gens ». Pourtant, l’interprétation religieuse de l’image est difficile à écarter, a rapporté La Croix. Donald Trump se représente comme une figure christique, son visage remplace celui de Jésus et il apparaît vêtu d’une toge blanche et rouge, entouré d’un halo lumineux.

Avec cette image, Donald Trump a suscité des critiques au sein de son propre camp. Ainsi, plusieurs figures républicaines lui ont reproché de tourner en ridicule Jésus et la religion. « Un peu d’humilité ne lui ferait pas de mal. On ne se moque pas de Dieu », a écrit sur X Riley Gaines, présentatrice conservatrice qui travaille à Fox News. Une fois la publication supprimée, elle a toutefois rappelé qu’elle continuerait à soutenir le président républicain. De son côté, l’autrice protestante conservatrice Megan Basham a fustigé un « blasphème scandaleux », a indiqué le Huffington Post.

Donald Trump a bénéficié du soutien des chrétiens

L’ancienne élue au Congrès, Marjorie Taylor Green, devenue critique de Donald Trump après l’avoir soutenue a, elle aussi, dénoncé cette image « fermement ». « C’est plus qu’un blasphème. C’est un esprit antéchrist », a-t-elle jugé. Face à la polémique, le vice-président des États-Unis, J.D. Vance, a avancé que Donald Trump avait « publié cela comme une blague, et comme les gens ne comprenaient pas son humour, il a retiré cette image ». Le président américain, qui se dit chrétien mais ne prétend pas être pratiquant, a bénéficié du soutien des chrétiens et évangéliques conservateurs lors de ses mandats. Alors que des sympathisants de droite s’opposaient déjà à la guerre en Iran, « les dénonciations du pape Léon risquent d’éroder encore davantage cette base », a souligné Matthew Taylor, chercheur à l’université Georgetown et spécialiste du nationalisme chrétien, cité par La Croix.

Cependant, Kristin du Mez, historienne à l’université Calvin, un établissement chrétien, note que les soutiens religieux de Donald Trump « prennent leurs distances avec ce qui relève du blasphème », mais ne donnent pas « la moindre indication qu’ils cesseront de le soutenir ». À l’international, les critiques du dirigeant républicain contre le pape Léon XIV, qui avait appelé à la paix, ont aussi déplu. Dans un communiqué, Giorgia Meloni, la Première ministre italienne, a dénoncé des propos « inacceptables ». « Le pape est le chef de l’Église catholique, il est juste et normal qu’il invoque la paix et qu’il condamne toute forme de guerre », a-t-elle déclaré.