Le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur « la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public », rendu public le 5 mai, restera dans les annales de la République comme un symbole de l’état délétère tant de la démocratie française que de son paysage médiatique, que nous tentons d’ausculter ci-contre au lendemain de « l’affaire Grasset ». Pour ce qui est de notre démocratie, s’il faut se féliciter que la représentation nationale enquête sur le service public de l’audiovisuel, on peut s’inquiéter de la façon dont elle s’y est prise. Six mois durant, son rapporteur, Charles Alloncle, député de l’Union des droites pour la République, alliée au Rassemblement national, aura mené les travaux à charge, au point que le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), a dénoncé les « méthodes d’extrême droite » de son collègue.
Quant au paysage médiatique, cet épisode aura mis en lumière son bouleversement profond. À peine terminées, les auditions de la commission se retrouvaient sur les réseaux sociaux sans grand souci d’équilibre. Et le rapporteur s’est transformé en vedette des médias Bolloré selon une méthode désormais éprouvée : propos dans le JDNews ou Le Journal du dimanche, commentés à l’infini sur les plateaux pour le moins monocolores d’Europe 1 ou de CNews du matin au soir.
« Toxicité »
Où est le problème ? Au nom de quoi des médias d’opinion prônant l’union des droites ne pourraient-ils pas s’exprimer ? C’est simplement oublier que CNews a obtenu une autorisation d’émettre comme chaîne d’information, et non d’opinion. Qu’Europe 1 et le JDD, avant de passer dans le giron du […]
