En 1893, le pasteur Élie Gounelle publiait un court ouvrage intitulé Le Sauvetage de la jeunesse. Il y déclinait des réflexions sur ce qu’il considérait être le devoir de l’Église envers les jeunes. Il explique notamment que l’Église doit préparer son avenir, et que les œuvres en faveur de la jeunesse et de son implication doivent pour cela se multiplier. Plus d’un siècle après, ses mots demeurent d’actualité.

Les paroisses sont de plus en plus vides, il y a de moins en moins d’étudiants en théologie et donc de futurs pasteurs, et pourtant nos Églises ont toujours du mal à saisir l’enjeu de la jeunesse. Nous continuons à agir comme cela s’est toujours fait : certes les jeunes adultes disparaissent après la confirmation, mais ils reviendront naturellement plus tard, quand ils auront un enfant. Pourtant, rien n’est moins sûr. Ainsi, génération après génération, les effectifs diminuent, alors même que la religiosité de nos sociétés remonte.

Aujourd’hui, nous ne vivons pas en Église. Nous survivons tout juste sur le fondement de notre héritage, car les moyens ne permettent pas de créer et de faire grandir des communautés. Le protestantisme a un message à porter, et si l’on veut que celui-ci soit transmis aux prochaines générations, il est crucial d’agir maintenant. Il faut que nos institutions s’adaptent et apprennent à penser le temps qui sépare le catéchisme de la parentalité. Oui, cela implique de changer nos manières de faire et de dire. Mais cela ne devrait pas effrayer les Églises de la Réforme.

Concluons ainsi avec Élie Gounelle : « Au nom de la jeunesse d’abord, au nom de l’avenir de nos églises ensuite, nous affirmons la nécessité d’entreprendre une œuvre sérieuse, vaste, fortement organisée auprès des jeunes gens ».

Ulysse Gounelle, étudiant en sciences politiques, pour « L’œil de Réforme »

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