Les résultats de l’enquête nationale de suivi d’activité auprès des centres de don et d’autoconservation de gamètes ont été publiés par l’Agence de la biomédecine, mardi 14 avril. Quatre ans après la loi de bioéthique qui instaurait la PMA pour toutes, ces résultats révèlent un niveau d’activité toujours élevé en assistance médicale à la procréation (AMP), aussi appelée PMA. Ainsi, en 2025, la demande de PMA avec don de spermatozoïdes est restée à un niveau élevé, avec plus de 12 000 demandes de couples de femmes ou de femmes seules. Ainsi, « pour une AMP avec don de spermatozoïdes, le délai moyen est de 17,7 mois en 2025, égal à celui de 2024 », explique l’Agence de la biomédecine dans un communiqué de presse. Dans le détail, cette liste d’attente est composée de 47% de femmes seules, 38,8% de femmes en couple avec une femme et de 14,2% de femmes en couple avec un homme.

L’accès à la PMA continue de progresser puisque le nombre de personnes en attente d’un don de spermatozoïdes est en baisse. Il est passé de 10 600 à la fin 2024 à 8700 fin 2025. Toutefois, « certains centres d’Île-de-France, de Bourgogne-Franche-Comté, de Nouvelle-Aquitaine, de la Réunion présentent de fortes tensions concernant ces délais », note l’Agence de la biomédecine. Ainsi, plus de 5300 personnes ont pu accéder à une première tentative de PMA avec dons de spermatozoïdes en 2025, soit une hausse de 10,4 % sur un an.

22 mois en moyenne pour une PMA avec don d’ovocytes

Du côté des dons, au total, 1015 candidats au don de spermatozoïdes ont été recensés en 2025, soit à peu près autant qu’en 2024 (1045). Les donneurs se mobilisent fortement puisqu’avant la loi de bioéthique ils étaient 380 par an en moyenne. Si le stock de paillettes de spermatozoïdes se maintient, la mobilisation des donneurs est encore insuffisante, note le communiqué. Du côté des PMA avec don d’ovocytes, le nombre de donneuses était de 1050 en 2025, en augmentation par rapport à l’année précédente. Cependant, « les délais restent longs, avec une moyenne de 22 mois en 2025, en légère amélioration par rapport à 2024 (24 mois) », indique l’Agence de la biomédecine. Elle rappelle que les Français ont montré une « mobilisation croissante et solidaire » pour les dons de gamètes en 2025, mais que « cet engagement ne suffit pas encore à couvrir l’ensemble des besoins, appelant à poursuivre l’effort pour le don d’ovocytes et de spermatozoïdes ».

De plus, la loi de bioéthique a permis l’autoconservation des gamètes (la congélation des ovocytes) sans condition médicale et sans condition de don d’une partie des gamètes à autrui. Cette pratique a continué de croître en 2025, avec plus de 20 700 demandes, mais aussi l’ouverture de 20 nouveaux centres. « Le délai moyen de prise en charge en France s’établit à 11,7 mois en 2025, en diminution d’environ 1,3 mois par rapport à 2024 », souligne le communiqué qui ajoute que 54% des demandes d’autoconservation ovocytaire sont concentrées en Île-de-France.