Confinement

L’importance de la petite bonté

La période de confinement que nous traversons est plus difficile pour beaucoup que le confinement du printemps dernier. Aussi, il est important de surtout ne pas négliger la petite bonté. Les explications du théologien Antoine Nouis.

Un contenu proposé par Le blog d'Antoine Nouis

Publié le 17 novembre 2020

Auteur : Antoine Nouis

La vie m’a appris à me méfier des grandes passions radicales et l’actualité nous rappelle que les hommes qui sont fous de Dieu peuvent être conduits à des actes radicaux, parfois violents, qui sont en tout point contraires à la foi qu’ils professent.

Dans l’hymne à l’amour de l’épitre aux Corinthiens, Paul fustige l’attitude radicale de ceux qui savent tout, qui connaissent tout et qui s’engagent totalement, mais à qui il manque la petite bonté d’un amour qui espère et qui supporte tout.

Pour évoquer cette petite bonté, un commentaire rabbinique raconte que le peuple d’Israël a été libéré de l’Égypte et conduit par Moïse grâce aux mérites d’Abraham. Les sages se sont demandé quel acte d’Abraham a pu être suffisamment puissant pour susciter la libération de l’esclavage ?

– Est-ce parce qu’il a quitté le pays des idoles pour obéir à une parole de Dieu ? Non.

– Est-ce parce qu’il a intercédé pour Sodome, la ville dévoyée ? Non plus.

– Alors peut-être parce qu’il était prêt à sacrifier son fils unique, Isaac ? Pas plus.

L’acte le plus méritant d’Abraham, c’est quand il a invité sous sa tente trois étrangers de passage aux chênes de Mamré. On peut se demander en quoi cet acte, qui est un simple geste d’hospitalité commun dans le monde des nomades, est aussi méritant ? La réponse est que c’est justement dans l’ordinaire que se jouent la vérité et la profondeur de la foi d’Abraham.

La période de confinement que nous traversons est plus difficile pour beaucoup que le confinement du printemps dernier. La lassitude, le manque de perspective, le sentiment de déjà-vu, la fatigue de l’hiver… tous ces éléments se conjuguent pour rendre cette nouvelle épreuve plus douloureuse.

C’est alors qu’il est important de surtout ne pas négliger la petite bonté. La petite bonté, c’est la visite à la voisine , le coup de fil quotidien à un ami, le coup de main, le sourire, la simple présence… La petite bonté qui est une façon de dire : « tu n’es pas seul, ensemble on y arrivera, ce n’est pas un petit covid qui va arriver à bout de notre désir de vie. »

La petite bonté ne fait pas de bruit, mais devant Dieu, elle est éternelle.

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