Quiconque connaît une petite fille dans son entourage proche sait combien la licorne est un animal inspirant qui se décline sous de multiples formes, peluches ou déguisements divers. Elle porte pourtant une symbolique bien plus riche que ce que l’on peut voir dans les magasins de jouets.

Un phénomène universel

Le musée de Cluny est l’endroit idéal pour servir de cadre à une exposition sur cet animal. Il possède en effet la célèbre série de tapisseries de La Dame à la licorne, joyau du XVe-XVIe siècle. Aux collections permanentes, déjà très riches, se sont ajoutés de nombreux prêts venus du monde entier. Comme le dragon, la licorne est un de ces phénomènes quasiment universel que l’on retrouve un peu partout, en particulier en Orient et Extrême-Orient. Depuis la plus haute Antiquité, on en trouve dans la vallée de l’Indus, jusqu’en Chine et au Tibet. De ce dernier pays, autrefois indépendant, vient une figurine en bronze doré étonnante, où la licorne ressemble à une gazelle dotée d’une petite corne. De nombreuses figurations chinoises sous différentes formes (en céramique, sculptées…) sont présentées, mais aussi perses, turques ou même japonaises. Bien des voyageurs assurent en avoir vu, des Grecs anciens jusqu’à Marco Polo lui-même ; la réalité de son existence n’a commencé à être discutée qu’à partir de la Renaissance.

Des vertus spirituelles

Imaginaire, la licorne peut donc se parer de toutes sortes de caractéristiques selon les périodes ou les pays. C’est ainsi que le visiteur de l’exposition va passer de salle en salle, avec des objets ou œuvres d’art choisis et montrés par thématique. Elle peut être agressive et sauvage ou orgueilleuse, mais au Moyen Âge en Europe elle est souvent associée […]