La corde au cou, un film de Gus van Sant, avec Bill Skarsgård, Dacre Montgomery, Colman Domingo

Tony Kiritsis est ruiné à cause d’un emprunt. Le 8 février 1977, il décide de kidnapper le fils du courtier responsable de sa situation ; il réclame 5 millions de dollars pour éponger ses dettes, et surtout des excuses de la part du grand patron. La prise d’otage va durer 63 heures, devant les caméras de la télévision locale, puis nationale. 

La corde au cou (à cause du dispositif utilisé par Tony pour relier son arme à son otage) est un thriller passionnant, basé sur une incroyable histoire vraie. 

Le film va à l’essentiel, sans temps mort, haletant. Au-delà de l’aspect thriller hyper efficace, dont l’issue demeure incertaine jusqu’au bout, le film est passionnant à plusieurs égards : pour le traitement médiatique de la prise d’otage en direct, pour la gestion de l’événement par les forces de police, pour les réactions que le fait divers suscite dans l’opinion publique (criminel ou victime ?), pour la personnalité étonnante du preneur d’otage…  

Derrière cet homme humilié, trahi, qui s’estime victime d’une injustice, il y a le portrait des laissés pour compte, de ceux qui sont oubliés sur le bas-côté du rêve américain. Finalement, il s’agit aussi d’un film politique, qui souligne le cynisme d’un système capitaliste ultra-libéral et dénonce les dégâts de l’injustice sociale. 

La réalisation de Gus van Sant est précise, nerveuse, immersive. Elle insère parfois […]