Au programme, des ateliers axés sur le bien-être, la créativité et la reconnexion à soi, loin des écrans et des projecteurs, une initiative audacieuse dans un établissement formant aux métiers de la communication.

D’après Caroline Boué, directrice de l’ISCOM Toulouse, cette démarche est née d’une volonté d’offrir une approche complémentaire à la formation traditionnelle. Elle explique :

« Malgré cet usage qui est quotidien, pour ne pas parler d’addiction, il était important pour nous, en complément de notre approche pédagogique, de pouvoir proposer un format nouveau, assez inédit à nos étudiants, à savoir une digital detox, une journée sans écran, quel qu’il soit. »

Une pédagogie de l’éveil et de l’introspection

Finis les ordinateurs et les supports numériques. Les étudiants de première et deuxième année, soit une soixantaine de personnes, seront répartis en petits groupes pour participer à des activités variées : écriture, improvisation, céramique et percussions. La journée débutera par un petit-déjeuner convivial pour présenter le programme et se clôturera par un atelier de percussion grandeur nature, réunissant l’ensemble des promotions.

Caroline Boué précise :

« L’idée, c’est que vraiment tout le groupe soit réuni et qu’en osmose on puisse suivre les recommandations de l’animateur pour créer un morceau qui soit à la fois collectif, unique et qui quelque part puisse permettre aussi à nos étudiants de tout relâcher. »

Cette approche vise à stimuler l’imagination musicale et à libérer les tensions.

Déconnexion n’est pas contradiction

Dans un domaine où le digital est roi, une telle initiative pourrait sembler paradoxale. Cependant, la directrice de l’ISCOM insiste sur la complémentarité de l’expérience. Elle affirme :

« L’un n’empêche pas l’autre. Je pense que dans un processus créatif, c’est toujours important, avant de tout de suite rentrer sur les outils, de prendre le temps, de se poser, de réfléchir différemment. »

L’objectif est de rappeler aux étudiants que « les meilleures idées viendront toujours d’eux-mêmes ».

Un succès qui perdure

Ce n’est pas une première pour l’ISCOM Toulouse. Cette journée est la troisième édition d’une expérience qui a déjà fait ses preuves. Si la première année les étudiants étaient « plutôt intrigués », les éditions suivantes ont rencontré un franc succès. Caroline Boué confie :

« Ils en redemandent en plus, c’est vraiment des activités auxquelles ils n’ont pas forcément l’habitude et surtout tous les bénéfices que cela peut avoir aussi sur la convivialité que l’on veut instaurer dans une école telle que la nôtre, l’échange et surtout la créativité de manière globale. »

Un impact au-delà d’une seule journée

Alors que l’hyperconnexion peut parfois entraîner, selon Caroline Boué, une « déconnexion des étudiants d’un point de vue social, d’un point de vue aussi de leur apprentissage », cette journée unique a un pouvoir initiateur. Les retours des étudiants sont éloquents. Beaucoup se sont étonnés de pouvoir se passer de leur téléphone toute une journée. L’atelier d’écriture, en particulier, a eu un écho profond. Caroline Boué rapporte :

« On ne s’attendait pas à faire une telle introspection, puisque c’est vrai que quand on se retrouve seul avec soi-même, avec une feuille, un crayon, et qu’on doit parler justement de son soi dans les prochaines années, c’est un exercice qui peut être déstabilisant au premier abord. »

Des témoignages marquants ont même fait état d’émotion, certains étudiants étant « au bord des larmes » lors des partages.

Cette initiative de l’ISCOM Toulouse vise à démontrer que « l’on est capable de produire des choses de qualité sans pour autant passer par le téléphone ou l’ordinateur », et qu’une déconnexion peut paradoxalement renforcer la connexion : à soi, aux autres et à la créativité. Les futures promotions, comme les précédentes, attendent avec impatience cette journée qui marque les esprits et favorise un rapport plus équilibré au numérique.

Une émission de Phare FM.