La guerre est déclarée
Coronavirus

La guerre est déclarée

Nous sommes en guerre. Pour l’instant, c’est plutôt le calme avant la bataille. Le théologien Antoine Nouis réagit à l'allocution du président de la République.

Un contenu proposé par Le blog d'Antoine Nouis

Publié le 17 mars 2020

Auteur : Antoine Nouis

La répétition de la formule : Nous sommes en guerre. Pour l’instant, c’est plutôt le calme avant la bataille. Hier, un médecin qui travaille dans un centre de santé et qui a une consultation à l’hôpital en région parisienne me disait que l’activité était plutôt calme, car on a repoussé toutes les activités non urgentes pour être prêts et que le gros de la tempête n’est pas encore arrivé.

Cette situation me rappelle une allégorie que raconte Kierkegaard dans un de ses livres. Soit un paquebot qui fait une croisière. Le capitaine est sur le pont et observe l’horizon : il aperçoit une tache blanche à l’horizon qui annonce la tempête. À l’étage au-dessous les voyageurs dînent, les bouchons de champagne sautent et l’orchestre joue. On appelle le capitaine pour qu’il trinque avec les voyageurs, mais il ne vient pas : il sait que la nuit sera terrible et qu’il doit préparer son équipage à affronter la tempête.

La seconde réaction est l’éloge appuyé des médecins, infirmières, personnels de santé. Ce sont eux les combattants de cette guerre. Sur la figure du soignant, ces quelques lignes de Michel Serres.

« Si le mal, c’est-à-dire la violence, est le propre des groupes, la maladie et le soin construisent le propre de l’homme. Par sa faiblesse et le fait qu’il obtienne d’être pansé, le malade est un personnage emblématique, décisif : rare, faible, mourant même, mais producteur d’humanité. La publicité de la violence produit le public ; la pitié envers le malade produit le sapiens. Par la présence et l’attention d’un autre humain : le ou la médecin, devenu enfin le héros de notre ère. »

Ensuite le philosophe propose un commentaire de la parabole du bon Samaritain qui se termine ainsi : « Tout blessé aurait vite disparu de la surface de la Terre si ne s’était levé, tout aussi originaire que lui, un second personnage : le médecin. Celle qui se penche sur le blessé ; celui qui écoute les plaintes de l’angoisse ; celle qui s’incline ; l’attentive qui cherche à comprendre et qui peut-être guérira… Il ou elle n’est pas seulement le héros de ce temps, mais sans doute celle et celui de toute l’histoire. »

Sur le même thème

Emmanuel Macron : “Nous sommes en guerre sanitaire”

Emmanuel Macron : “Nous sommes en guerre sanitaire”

Le chef de l’État a annoncé le renforcement de mesures de confinement pour limiter l’épidémie et donc préserver le système hospitalier et les soignants.

Le Covid-19 et la Bible

Le Covid-19 et la Bible

Aujourd’hui, nous n’avons pas besoin de prophètes pour annoncer le pire, il suffit d’ouvrir le journal. En revanche, nous avons besoin de prophètes pour nous aider à penser ce qui nous arrive. L'analyse du théologien Antoine Nouis.

Un contenu proposé par Le blog d’Antoine Nouis
Coronavirus : message de l’Eglise protestante unie de France

Coronavirus : message de l’Eglise protestante unie de France

Le communiqué de la pasteure Emmanuelle Seyboldt, présidente du Conseil national de l’Eglise protestante unie de France.

Un contenu proposé par Église protestante unie de France – Infos
Coronavirus : faut-il s’alarmer ?

Coronavirus : faut-il s’alarmer ?

La pneumologue Irène Frachon et l’infectiologue Rozenn Le Berre répondent aux questions de Réforme, celles que tout un chacun se pose.

Un contenu proposé par

UN CONTENU PROPOSÉ PAR

Le blog d’Antoine Nouis

Un regard sur l’actualité religieuse et sociétale : vie des églises, politique, éthique… A travers ce blog, le pasteur et théologien Antoine Nouis s’intéresse au fait religieux sous toutes ses formes.

Derniers contenus du partenaire

Offre abonnement Réforme Les dossiers thématiques de Regards protestants