Cécile Kohler et Jacques Paris, deux enseignants retenus en Iran depuis près de quatre ans, ont été libérés et sont revenus en France mercredi 8 avril. En octobre 2025, ces deux Français avaient été condamnés, notamment pour espionnage au profit d’Israël. Ils ont ensuite été assignés à résidence à l’ambassade de France au début du mois de novembre pour une durée de cinq mois. Près d’une semaine après leur libération, les anciens otages étaient les invités du 20 Heures de France 2. « C’est un immense soulagement et un immense bonheur », a affirmé Cécile Kohler. « Nous étions enfermés dans quelques mètres carrés pendant trois ans et demi », a ajouté Jacques Paris. La professeure de lettres de 41 ans et l’enseignant retraité de 72 ans avaient été arrêtés brutalement au dernier jour de leur voyage en Iran le 7 mai 2022, a rappelé franceinfo.
Cécile Kohler a décrit des « conditions inhumaines » de détention, avec trois mois en isolement total, sans lit et sans matelas. « Il y avait un processus de déshumanisation totale », a-t-elle ajouté. « Pendant trois ans et demi, on n’a pas vu le noir », a expliqué Jacques Paris. En effet, des néons étaient constamment allumés dans les cellules des deux otages qui étaient séparés l’un de l’autre. Les anciens détenus ont dit avoir eu peur pour leur vie durant leur emprisonnement. Ils ne savaient pas de quoi ils étaient accusés, mais étaient menacés. « On nous menaçait de pendaison. On nous disait ‘il est possible que vos accusations vaillent condamnation à mort' », s’est souvenue l’ancienne otage.
Cécile Kohler et Jacques Paris ont été forcés à avouer à la télévision
Le ministre des Affaires étrangères a affirmé que les deux otages avaient été victimes de « torture blanche ». « À chaque interrogatoire, j’avais des menaces de mort. Soit, nous tuer tout de suite, soit condamnation à mort », a rapporté Jacques Paris. Les deux otages ont décrit une « situation d’insécurité psychologique permanente ». Leurs yeux étaient constamment bandés dès qu’ils étaient conduits en dehors de leurs cellules, y compris pour aller aux toilettes, certains livres dans lesquels ils pouvaient trouver du réconfort leur étaient confisqués. Cécile Kohler et Jacques Paris ont été forcés à avouer l’espionnage dans une vidéo diffusée à la télévision. « Ils vous disent ce qu’il faut dire. Vous n’avez pas le choix. Si vous ne le dites pas, que va-t-il vous arriver ? », a raconté l’ex-détenu en Iran. « C’est un procédé qui est très utilisé par la République islamique », a-t-il ajouté.
Cécile Kohler et Jacques Paris ont tenu pour leurs proches et pour toutes les personnes qui se sont mobilisées pour leur libération. Les anciens otages ont appris leur libération de la prison d’Evin en novembre 2025, mais ne savaient pas une heure plus tôt s’ils allaient pouvoir partir. Ils ont ensuite été assignés à résidence à l’ambassade de France en Iran. Les deux anciens otages ont pu quitter l’Iran pour l’Azerbaïdjan le 7 avril. Ce voyage de plus de six heures a été un « soulagement croissant », a affirmé Cécile Kohler. Jacques Paris a décrit un « soulagement d’autant plus important » que les deux otages ont échappé aux bombardements de la prison d’Evin par Israël. « Il y a eu 79 morts », a-t-il rappelé, assurant que les bombes ont explosé à quelques mètres de leur bâtiment de détention.

