La mondialisation est une réalité. Nous pouvons aller en quelques heures d’un point à l’autre de la terre. Internet nous permet de communiquer instantanément avec n’importe qui se trouvant n’importe où. Les guerres avec l’Iran ou en Ukraine ont des conséquences économiques importantes sur notre vie quotidienne alors même que nous ne sommes pas parties prenantes de ces conflits. Aucun État ne pourra échapper seul aux effets du dérèglement climatique.

La mondialisation a ce bon côté qu’elle démontre que, citoyens de quelque pays que ce soit, nous sommes tous frères et sœurs, citoyens du monde.

Mais mondialisation ne doit pas signifier oubli de sa propre identité nationale, voire régionale, car cela conduit à la rejeter et a pour conséquence le développement du nationalisme, du protectionnisme et du populisme, d’où la multiplication des conflits et des crises économiques. L’Histoire l’a démontré à plusieurs reprises à travers l’échec des empires.

La mondialisation ne sera équilibrée que dans le respect des identités de chacun, ce qu’aujourd’hui oublient Trump et Poutine, ou l’Union européenne trop souvent. Respect de son identité implique respect de soi-même comme des autres. Respect de son identité signifie respect de sa langue (y compris les langues dites régionales), de sa culture, de ses valeurs. Respect de son identité implique d’accepter les compromis voire les dérogations à certaines règles communes quand un État considère ses intérêts fondamentaux en jeu.

La mondialisation est coopération comme actions communes. Un État peut accepter une forme de souveraineté partagée avec des institutions et des règles qui l’engagent parce que cela ne signifie pas vassalité et qu’il participe à l’élaboration de la forme et du contenu de tel ou tel élément de mondialisation.  

Christian Philip, recteur honoraire, pour « L’œil de Réforme »

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