Dans un rapport publié lundi 1er juin, l’Unédic, l’association chargée de la gestion de l’assurance chômage en France, indique que les allocataires sont les plus nombreux à reprendre pour la première fois un emploi salarié au cours de leurs premiers mois d’indemnisation. Entre 18 % et 22 % des allocataires retravaillent avant d’avoir touché une indemnisation. Cette probabilité de retrouver un emploi diminue ensuite progressivement « entre 9 % et 11 % au premier mois d’indemnisation et entre 7 % et 9 % au deuxième mois d’indemnisation », souligne le rapport. Au quatrième mois d’indemnisation, la probabilité d’avoir repris un emploi atteint les 50 %. Les allocataires qui occupaient une mission d’intérim sont ceux qui reprennent en moyenne le plus rapidement un emploi.

Toutefois, ces reprises d’emploi restent majoritairement précaires, puisque « deux tiers des premiers emplois repris durent moins de six mois », assure l’Unédic. Les risques de redevenir demandeur d’emploi sont donc élevés et les trajectoires qui alternent emploi et chômage sont fréquentes. Chaque année, environ deux millions d’allocataires ouvrent un droit à l’Assurance chômage après la perte involontaire de leur emploi. Les allocataires qui disposent de droits longs, jusqu’à 24 mois, sont en moyenne plus âgés et plus diplômés. Ils se retrouvent plus souvent au chômage après la perte d’un CDI. Ceux qui disposent de droits compris entre six et 23 mois sont plus jeunes et moins qualifiés. Ils ont plus souvent perdu leur emploi après un CDD ou une mission d’intérim.

L’Assemblée nationale doit se prononcer sur une réforme de l’assurance chômage

La réforme de l’assurance chômage continue de créer des tensions. Des responsables politiques souhaitent durcir les conditions d’indemnisation pour accélérer les retours à l’emploi. Parmi les candidats à l’élection présidentielle, Bruno Retailleau (LR) et Gabriel Attal (Renaissance) souhaitent réformer ce dispositif, rappelle La Tribune. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, espère, mardi 2 juin, un vote rapide de l’Assemblée nationale pour réduire la durée d’indemnisation en cas de rupture conventionnelle. Le 18 mai, le Sénat a approuvé, pour la deuxième fois, la transposition dans la loi de cet accord. À l’Assemblée nationale, Sébastien Lecornu a appelé la « classe politique » à prendre ses « responsabilités », rapporte Le Figaro.

Cet accord, conclu en février entre trois organisations patronales et trois organisations syndicales prévoit de ramener de 18 à 15 mois la durée maximale d’indemnisation pour les allocataires de moins de 55 ans après une rupture conventionnelle et à 20,5 mois pour les plus de 55 ans. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, défend cette réforme qui devrait, selon lui, « générer près d’un milliard d’euros d’économies par an, et favoriser environ 15 000 retours à l’emploi chaque année ».