Publiée mercredi 22 avril, une nouvelle étude révèle l’ampleur des niveaux de concentration de perturbateurs endocriniens dans nos produits d’hygiène et combien de temps ces derniers restent dans notre corps. Rendue publique par l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), l’étude a été produite par des chercheurs issus de l’université Grenoble Alpes et du CNRS et publiée dans la revue Environment International. La mauvaise nouvelle : les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques étrangères à l’organisme et peuvent affecter le système hormonal de manière délétère, comme le rappelle le Centre Léon Bernard. La bonne : leur concentration diminue drastiquement au bout de cinq jours, indique Reporterre.

En effet, d’après les chercheurs, les niveaux de concentration des perturbateurs endocriniens baissent de 39% après cinq jours de diminution de l’utilisation des produits cosmétiques qui en contiennent. « La réduction ou le remplacement de ces produits a permis de diminuer les concentrations urinaires de ces substances en seulement cinq jours », attestent-ils dans un résumé de leur article en ligne sur ScienceDirect. Le phénomène est particulièrement visible pour le bisphénol A, soupçonné d’être en partie responsable des cancers du sein et d’infertilité. Même chose pour l’acide phénoxyacétique, dont la concentration baisse de 64% et pour le méthylparabène, qui baisse de 30%.

« Des effets sur la reproduction, le système hormonal et le développement »

Pour parvenir à ces résultats, les épidémiologistes ont pris comme échantillon une centaine d’étudiantes grenobloises âgées de 18 à 30 ans et leur ont demandé de réduire leur usage de cosmétiques et autres produits d’hygiène pendant cinq jours. Ces dernières ont ainsi diminué leur usage de ces produits ou les ont remplacés par des versions dénuées de perturbateurs endocriniens. D’après leurs résultats : « l’analyse d’impact sur la santé (AIS) suggère que la réduction de la concentration de bisphénol A pendant la grossesse pourrait prévenir 4,0 % des cas d’asthme […] chez les enfants. »

D’après Nicolas Jovanovic, doctorant à l’Université Grenoble Alpes et cité par l’Inserm : « Ce qui est intéressant, c’est la rapidité avec laquelle on observe ces diminutions, en seulement cinq jours. C’était attendu, du fait de l’élimination rapide de ces substances par nos organismes. C’est encourageant, notamment car ces substances sont suspectées d’avoir des effets sur la reproduction, le système hormonal et le développement ». Fin avril, les députés du Parlement européen devront discuter au sujet d’un changement de réglementation, au niveau de l’Union, au sujet de la vente de cosmétiques.