Charles Péguy a écrit qu’il n’y avait pas trop de toute une vie pour que l’eau qui a été versée sur notre tête le jour de notre baptême descende jusqu’à nos pieds. Il voulait dire par là que le défi de la vie chrétienne était de faire en sorte que la parole de grâce signifiée par l’eau du baptême habite la totalité de notre personne : notre pensée, mais aussi nos désirs, nos rêves, nos paroles et le regard que nous portons sur nos prochains. Le voyage le plus important que nous sommes invités à entreprendre est un trajet de trente centimètres, la distance qui sépare notre cerveau de notre cœur afin que la foi ne soit pas une question de connaissance, mais de vie.

Je lisais récemment le livre d’un psychanalyste qui racontait que, lorsqu’il était enfant, il était très religieux et allait à la messe tous les dimanches. Il a arrêté de pratiquer quand il a eu le sentiment que les prêtres ne croyaient pas à ce qu’ils disaient : ils n’habitaient pas leur parole. Cette déception l’a […]