Dans le livre du Lévitique, après la fête de la Pâque qui célèbre la libération d’Égypte, il faut compter cinquante jours jusqu’à la fête de Pentecôte qui, dans le judaïsme, était une fête de la moisson, puis est devenue la célébration du don de la Torah (Lv 23.16).
L’interprétation classique est politique : la libération n’est accomplie que lorsqu’elle est associée à une éthique rigoureuse. Dans l’Histoire, les révolutions ont accouché de tyrannies lorsqu’elles ont été confisquées par les nouveaux dirigeants et qu’elles n’étaient pas accompagnées d’un respect absolu des minorités. De l’importance du principe qui fonde l’éthique de la Torah : « Tu aimeras l’étranger (le différent) comme toi-même, car vous avez été étrangers (différents) en Égypte » (Lv 19.34). La mémoire comme lutte contre l’hubris, la justice comme but de la libération.
Une autre interprétation dit qu’il faut compter tous les jours entre Pâques et Pentecôte parce que c’est la saison où la nature s’éveille. Quand on a la chance d’avoir un jardin, ou la possibilité de se promener dans la nature, chaque jour on voit la vie se déployer dans les plantes et dans les arbres, dans les fleurs et dans les fruits.
J’aime la définition du pape François qui disait de la foi qu’elle était la lutte contre la dégradation de l’étonnement. Chaque jour il ne faut surtout pas s’arrêter de s’émerveiller devant la vie qui se déploie. Cet émerveillement s’accompagne d’une indignation contre tout ce qui blesse et méprise la vie sous toutes ses formes.
Antoine Nouis, conseiller théologique de l’hebdomadaire Réforme
