Le réalisateur Robin Campillo nous plonge au cœur des années sida au travers de l’histoire d’Act Up, sous forme très proche d’un docu-fiction brutal et dérangeant (mais dans le bon sens du terme) et surtout, en se fixant plus précisément progressivement sur certains de ces activistes qui montent des opérations spectaculaires pour sensibiliser l’opinion aux ravages du sida et accélérer la diffusion des traitements aux malades, et en entrant dans leur histoire personnelle. Nahuel Pérez Biscayart qui incarne Sean est ainsi tout simplement magnifique et criant de vérité. Il nous entraîne dans l’émotion et apporte énormément au film. Beaucoup de « second rôles » sont aussi remarquables comme, par exemple, la mère de Sean que l’on découvre en fin de film dans une scène à la fois émouvante et vivifiante. Je choisi ce terme à dessein car il vient comme un paradoxe dans le contexte et correspond précisément à l’ambiance de cette scène.

Le film nous entraîne dans l’envers du décor d’Act Up en montrant la préparation de ces actions spectaculaires et surtout les débats qui les accompagne, ces fameuses RH (réunions hebdomadaires) parfois houleuses entre les militants pour décider du type d’actions à mener et organiser le travail au sein de l’association.

On pourra aussi préciser que, si le film contient naturellement dans le contexte du scénario, certaines scènes de sexe explicites, Robin Campillo a su intelligemment ne pas surenchérir sur cet aspect et même les filmer avec une certaine tendresse et douceur.

120 battements par minute avait donc su trouver son public à Cannes et surtout toucher son cœur… on peut parier que cette sortie aujourd’hui risque d’avoir les mêmes effets !

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