Après des dizaines de révolutions de son architecture comme de ses usages, il reste, en dépit des obstacles, un condensé de simplicité, d’accessibilité, d’utilité, de mystère.
S’asseoir sur un banc, c’est à la fois entrer chez soi et partager un monde. Sondant la littérature, la peinture, la photographie ou le cinéma, Viviane Chocas révèle le banc comme réservoir de corps à « mémoire de vies » : il en sait long sur l’homme, sa bêtise et sa grâce, ses peurs et son hospitalité, son autosuffisance et sa crainte de manquer.

Dans ce texte tout aussi pertinent qu’impertinent, l’autrice parvient à changer notre regard sur cet objet si familier qu’on ne le voit pas tel qu’il apparaît soudain: un objet à la fois intime et politique qui contourne autant l’individualisme que les vœux de performance, et devient l’un des rares espaces d’hospitalité et de gratuité de nos sociétés contemporaines.

« Il ne reste rien de cette course au pouvoir que l’épuisement sur le visage d’un homme assis sur un banc. Accueil du perdant, du perdu, du défait… le banc comme ultime borne […]