Décryptage

Brésil, les raisons de la catastrophe humanitaire

« L’absence de volonté politique pour agir de manière adaptée face à cette pandémie est responsable de la mort de milliers de Brésiliens », a affirmé l’ONG Médecins sans frontières.

Un contenu proposé par Une plume et des gens

Publié le 20 avril 2021

C’est le deuxième pays au monde le plus endeuillé après les Etats-Unis. En un peu plus d’un an, le coronavirus a fait plus de 360 000 morts au Brésil. Le 15 avril, dans un communiqué, l’ONG Médecins sans frontières a souligné que le Brésil en proie à une « catastrophe humanitaire ». Ces dernières semaines, les courbes ne fléchissent pas, avec plus de 66 000 morts lors du seul mois de mars et plus de 3 000 décès par jour en moyenne. Le taux d’occupation des services de soins intensifs dépasse les 90 % dans 17 Etats. Comment le pays en est-il arrivé là ? Différentes raisons peuvent expliquer cette situation dramatique.

La gestion de Jair Bolsonaro

Le président brésilien, élu en 2028, est sous le feu des critiques. Depuis le début de la crise, en mars 2020, Jair Bolsonaro a toujours refusé d’imposer la moindre mesure de confinement à l’échelle nationale, allant jusqu’à menacer de briser les confinements locaux avec l’armée. Il a d’abord comparé le virus à une « grippette » et a déclaré plus récemment ne pas souhaiter se faire vacciner. Le Sénat brésilien devrait ouvrir prochainement une enquête pour évaluer d’«éventuelles omissions» de la part du gouvernement du président Jair Bolsonaro dans sa gestion controversée de la pandémie.

Des mesures trop locales

Faute de coordination au niveau national, la gestion de la crise repose sur les autorités locales. Ainsi chaque ville et chaque état décide de ses propres mesures. Ce qui n’aide pas à freiner les courbes. Dernièrement, face à la progression du virus, l’État de São Paulo, avec ses 46 millions d’habitants, a opté pour un durcissement des restrictions en instaurant un confinement, avant d’être partiellement levé. Les centres commerciaux, les restaurants, les parcs et les musées y sont toujours fermés.

Une usine à variants

Hautement contagieux et sans doute plus agressif, le variant amazonien P1 poursuit sa diffusion. Selon Le Monde, le Brésil est désormais décrit par les experts comme une gigantesque usine à variants. L’Institut Fiocruz a ainsi identifié près de 92 nouvelles souches du coronavirus en circulation dans le pays. « Et d’autres pourraient surgir, car le virus circule ici trop librement », alerte Paulo Menezes, épidémiologiste à l’Université de Sao Paulo (USP).

Vous pourriez aimer aussi

Le confinement light est-il efficace ?

Instauré dans une quinzaine de départements, puis étendu à l’ensemble du pays, le confinement partiel semble freiner les contaminations, selon Santé publique France (SPF).

Un contenu proposé par Une plume et des gens

Vers la fermeture des établissements scolaires ?

Pour l’heure, les écoles ne fermeront pas ou alors en « dernière nécessité » a rappelé Olivier Véran, ministre de la Santé. Mais la pression augmente.

Un contenu proposé par Une plume et des gens

Les politiques tous sur Twitch, pourquoi ?

Dimanche 14 mars à 18 heures, Jean Castex a fait ses premiers pas sur la plateforme de streaming Twitch. François Hollande avait aussi joué le jeu quelques jours plus tôt.

Un contenu proposé par Une plume et des gens