Pourquoi la foule acclame Jésus… puis l’abandonne ?

Comment expliquer qu’au moment des Rameaux, on dise que la foule entière acclamait Jésus comme roi quand il entre dans Jérusalem, alors que peu de temps après, tout le monde l’abandonne et plus personne ne pense à lui ?

Eh bien, c’est qu’en fait cette foule qui était présente pour les Rameaux n’était pas là pour Jésus.

Une fête juive antérieure à Jésus

En effet, les Rameaux étaient, avant Jésus, une fête juive qui rassemblait beaucoup de monde, une fête qui attendait la venue du Messie, qui appelait la venue du Messie, et une fête qui demandait à Dieu qu’il envoie de l’eau.

Au départ, c’était une fête païenne de l’eau pour les moissons, entre autres choses, et ensuite, spirituellement, demander à Dieu qu’il envoie l’eau vive afin que l’on puisse effectivement trouver une source de vie et de fécondité en lui.

Les processions et le cri « Hosanna »

Et donc la foule était déjà là. Elle faisait des processions entre Jérusalem et le mont des Oliviers, en agitant des palmes, des branches d’arbres qui demandaient beaucoup d’eau pour pousser, de saules ou de palmiers, et également criait : « Hosanna ! »

Et « hosanna », ce n’est pas un cri de louange. C’est en fait la citation du psaume 118, verset 25, qui veut dire : « Ô Dieu, sauve-nous, sauve donc. »

C’était un appel à Dieu de nous sauver.

Jésus entre dans cette attente

Et donc le peuple déjà défilait, et Jésus entre dans ce dispositif. Et certains de ses disciples reconnaissent que lui est justement ce Messie que l’on appelait à venir, et qu’il est lui-même l’eau vive, qui donne la vie au monde, et qu’il est celui qui accomplit ainsi toutes les promesses de Dieu.

Alors, que Jésus soit le Messie, cela veut dire qu’il est à la fois roi, prêtre et prophète.

Roi, prêtre et prophète

Il est le roi, revêtu de la présence de Dieu, qui nous dirige et qui nous protège.

Il est le prophète, c’est-à-dire celui qui, revêtu de la présence de Dieu, est là pour dire la parole de Dieu. Et Jésus est l’incarnation de cette parole.

Et il est prêtre, puisque le Christ est le seul intermédiaire entre Dieu et l’homme.

Le Messie attendu… mais pas comme on l’imagine

Et puis le Messie, c’était aussi celui que les Juifs attendaient pour accomplir les promesses de Dieu. Et nous croyons, nous, que Jésus accomplit toutes les promesses de Dieu : de nous donner la paix, la plénitude et toute chose.

Mais il arrive sur un âne, et pas sur un cheval. L’âne n’était pas forcément une monture modeste ; ce pouvait être une monture royale. Mais c’était la monture que le roi utilisait pour la paix, contrairement au cheval qu’il utilisait pour faire la guerre.

Donc Jésus, entrant sur un âne, dit : je suis bien le Messie, mais je ne suis pas venu pour imposer la promesse de Dieu d’une manière politique, brutale et matérielle. Je suis venu pour le faire d’une façon pacifique et intérieure.

De quoi Jésus nous sauve-t-il ?

Quant aux cris « Hosanna », bien sûr, on demande à Dieu de nous sauver, et Jésus est le Sauveur.

Il nous sauve de la peur de la mort. Il nous sauve de l’absurde de notre vie. Il nous sauve de la peur en nous donnant l’espérance. Il nous sauve de toute forme d’aliénation en nous libérant, comme il a sauvé le peuple d’Égypte et en ouvrant pour lui des chemins dans le désert.

Dieu, et par le Christ, est celui qui nous sauve de tout cela et qui donne un sens à notre vie.

« Hosanna » et le nom de Jésus

Mais quand on demande de nous sauver, certes, il est le Sauveur, puisque d’ailleurs son nom, Jésus, Yeshoua, vient de la même racine hébraïque que « hosanna », yasha, qui veut dire « sauver ».

Et le peuple criait : « Sauve donc ! » Et en fait, ils disent même : « Hosanna au fils de David », c’est-à-dire : « Sauve le fils de David », comme s’il y avait là un datif : il s’agit de sauver Dieu, et de nous sauver, nous.

Sauver Dieu en nous

Alors effectivement, peut-être que, pour que nous soyons sauvés, il faut d’abord que Dieu soit sauvé en nous. Il faut que le Christ qui est en nous soit sauvé.

Et c’est lorsque notre foi va pouvoir être entière que ce Dieu qui est sans arrêt menacé dans notre existence par l’indifférence, par l’activisme, le matérialisme, l’égoïsme…

Si nous sauvons ce Dieu, si nous ouvrons cette présence du Christ en nous, cette présence pacifique, alors nous pouvons avoir l’accomplissement de toutes les promesses de Dieu, parce que, en Jésus-Christ, Dieu nous sauve.