Par la grâce seule

Un grand principe du protestantisme commenté par Nicola Stricker.

Un contenu proposé par Meromedia

Auteur : Nicola Stricker

Publié le 15 février 2013

Pour Aristote, je deviens juste en pratiquant des œuvres de justice, un peu comme lorsque  je deviens flûtiste en jouant de la flûte. Donc, les œuvres préparent la justice, la justice découle des œuvres. Chez Luther, il y a un autre rapport entre la justice et les œuvres : la justice est cette justice que l’homme reçoit, qui n’est pas la sienne. Dieu nous justifie, il nous déclare juste, il nous rend justes. Et cette justification va nous permettre de faire de bonnes œuvres, des œuvres justes.

Fabian Clavairoly : « La grâce nous a été offerte, gratuitement, sans que nous le méritions. Et qu’est-ce que cela veut dire pour nous, ça veut dire que nous sommes gagnants. Nous avons déjà obtenu le pardon et l’amour de Dieu, avant même d’avoir fait quoi que ce soit. La grâce seule, c’est accepter que l’on n’a pas à faire ses preuves par soi-même. Dieu nous accepte, a priori, tels que nous sommes, qui que nous soyons et toutes nos actions ne sont qu’une réponse à ce geste premier. »

Nicola Stricker : « Il me semble important d’insister sur le caractère inconditionnel de la grâce. Nous sommes sauvés sans aucun mérite de notre part, nous sommes sauvés par la grâce seule et nous ne nous sauvons pas nous-mêmes. Cette idée est aussi reflétée par le baptême des enfants. Nous ne pouvons rien faire pour être sauvés, Dieu nous offre cette grâce avant que nous fassions même un seul geste. »

Marie-José Mare : « En fait, tout nous est donné par grâce, ce n’est pas ce qu’on fera dans la vie qui fera que nous serons sauvés. C’est Dieu qui nous donne sa grâce, qui nous sauve par le sacrifice de Jésus sur la croix. Et c’est important parce qu’il y a des gens qui s’échinent toute leur vie à faire le bien et qui sont à côté, finalement. Et en même temps, quand on se connaît soit et qu’on connaît la nature humaine, c’est merveilleux de se dire que ce n’est pas ce qu’on fait de bien qui va nous sauver. »

N. S. : «Ici, on touche à quelque chose d’essentiel : le lien entre la grâce et le Christ. Dieu ne nous sauve pas comme ça par grâce, mais il faut préciser que le salut a lieu en et par Jésus-Christ. En Jésus-Christ, Dieu est venu partager notre existence, Il a donné sa vie pour être de nouveau présent parmi nous, par sa parole et par son esprit. »

Frédéric Lamantia : « La grâce nous fait accéder à une forme de confiance, une confiance dans l’avenir, une confiance en soi, une confiance dans les autres,… accepter de donner des responsabilités  d’autres personnes,… pas vouloir tout contrôler soi-même, savoir que dans tous les cas, il y a quelque chose qui va réguler. »

N. S. : « Frédéric parle de la confiance, et la confiance est une notion essentielle, parce que : Qu’est-ce qui nous sauve ? Ce ne sont pas nos actes, nos œuvres, c’est justement la foi-confiance, cette foi-confiance qui est un don inconditionnel de Dieu, qui nous permet d’aimer Dieu, d’avoir confiance en lui. Par contre, je ne suis pas si sûre que la grâce devrait nous donner confiance en nous-mêmes, j’aurais quand même une réserve. Car, même justifiés, nous ne sommes pas saints, nous sommes pécheurs, nous sommes justes et pécheurs. Cela veut dire que Dieu ne nous impute pas nos péchés, mais en tant qu’êtres humains, nous sommes toujours au risque du péché. »

Jean Fontanieu : « Nous sommes sauvés non pas par ce que nous faisons, c’est-à-dire nos œuvres, mais par la foi. Et du coup, je peux être libre quand je fais des choses pour les autres. Je n’ai pas ce rapport : je te donne et je veux recevoir. Cela me donne une grande liberté, puisque je suis sauvé, guéri en quelques sortes et bien je peux y aller, je ne risque rien. »

N. S. : « Les propos de Jean concernent le rapport entre grâce et liberté. Liberté ne veut pas dire libre-arbitre. Je peux me décider librement de ce que je veux faire, de ce que je veux être, en quelques sortes je me façonne moi-même. La liberté est un don, la liberté rend libre pour quelque chose, à savoir, pour le service des autres. Croire c’est aussi être libre pour aimer, sans attendre de ceux qu’on aime quelque chose en retour. »

Cette vidéo fait partie de la série : Les grands principes du protestantisme, par la théologienne Nicola Stricker
Réalisation : JMAGE – Jeremy Frey
Production : JMAGE – Maud Lambert
Diffusion : Meromedia – Isabelle Fiévet-Rossignol

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