Israël et le Liban ont accepté, mardi 14 avril, de poursuivre les négociations en vue d’une paix durable après des discussions à Washington entre des représentants des deux pays. Il s’agissait d’une première depuis 1993. Les parties se sont mises d’accord pour entamer « des négociations directes à une date et en un lieu qui restent à fixer d’un commun accord », a indiqué le département d’État américain dans un communiqué cité par franceinfo. La rencontre, qui a réuni les ambassadeurs israélien Yechiel Leiter et libanaise Nada Hamadeh Moawad sous l’égide du chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, a duré plus de deux heures.
« Nous avons le même objectif de libérer le Liban d’une force d’occupation appelée Hezbollah », a déclaré l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis. Le mouvement chiite pro-iranien était le grand absent de la rencontre. De son côté, Nada Hamadeh Moawad a appelé à un cessez-le-feu et au retour des personnes déplacées. Elle a insisté sur « le besoin de préserver notre intégrité territoriale et notre souveraineté », a rapporté Courrier international. Un cessez-le-feu est entré en vigueur en Iran le 8 avril, mais il ne concerne pas le Liban. Israël continue de frapper le Hezbollah et ne s’est pas retiré du sud du pays. Le Premier ministre israélien a posé deux conditions pour mettre fin au conflit : le désarmement du Hezbollah et la recherche d’un « véritable accord de paix ».
La France demande à Israël et au Liban de « saisir l’opportunité »
Lors de ces discussions, l’ambassadeur israélien aux États-Unis a affirmé que la France n’avait pas à participer aux négociations entre Israël et le Liban. « Nous aimerions garder les Français aussi loin que possible de pratiquement tout, mais surtout lorsqu’il s’agit de négociations de paix. Ils ne sont pas nécessaires. Ils n’ont pas d’influence positive, surtout pas au Liban », a-t-il détaillé. De son côté, la France s’est associée, mardi 14 avril, à 17 pays pour appeler le Liban et Israël à « saisir l’opportunité » de ces pourparlers de paix directs. Paris avait notamment plaidé pour inclure le front libanais dans le cessez-le-feu conclu par les États-Unis avec l’Iran. Selon L’Orient-le jour, repris par Courrier international, « l’approche de Paris ne serait pas compatible avec celle de la paix par la force souhaitée par les Israéliens et les Américains ».
À l’inverse, en 2006, la France avait, avec les États-Unis, contribué à la résolution 1701 de l’ONU qui a mis fin au conflit au Liban le 14 août 2006. Cette résolution avait d’ailleurs servi de cadre à l’accord de cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël, entré en vigueur le 27 novembre 2024. Israël reproche à la France de « maintenir un canal de dialogue avec le Hezbollah, ce qui en fait une exception en Occident », explique le quotidien libanais. Emmanuel Macron a convoqué un nouveau Conseil de défense et de sécurité nationale sur la situation en Iran et au Moyen-Orient, mercredi 15 avril. Cette réunion a lieu deux jours avant une visioconférence sur une mission « purement défensive », distincte de celle des États-Unis, sur le détroit d’Ormuz, rappelle BFM TV.

