La guerre menée par les États-Unis et Israël en Iran a, une fois de plus, donné lieu à controverse entre les partisans du respect des règles du droit et ceux qui voudraient pouvoir s’en affranchir.
Les premiers rappellent que cette guerre est une agression, au sens de la Charte des Nations Unies qui ne reconnaît comme licite que le recours à la force justifié par la légitime défense ou autorisé par le Conseil de sécurité. Le concept de guerre préventive ne peut dès lors motiver une intervention armée.
Les seconds se veulent réalistes et considèrent que si cette guerre est illicite, elle n’en est pas moins légitime eu égard au régime qui sévit à Téhéran, tyrannique pour son peuple, terroriste et dangereux pour ses voisins.
Il n’est pas contestable que, au regard de la morale, le pouvoir iranien ne suscite guère d’empathie et que son effondrement serait reçu positivement. La tentation est dès lors forte d’accepter une dissolution du droit dans la morale ou au moins sa mise en retrait. Mais c’est alors l’édifice mis en place collectivement pour juguler les velléités intempestives de recourir à la force qui serait menacé.
Les motifs de Trump pour entrer en guerre et les objectifs à atteindre sont restés des plus incertains. Comme pour le Venezuela, son instinct de prédateur et d’homme d’affaires a dû le guider. Faut-il alors préférer au droit le caprice d’un autocrate qui ne s’embarrasse même plus de se cacher sous une rhétorique pseudo morale ? Laisser Poutine agresser l’Ukraine ?
Le droit international n’est certes pas parfait et n’a pas pour vocation de remplacer la politique, mais lui préférer la décision violente et unilatérale d’un aventurier risque de mener au chaos, alors que ceux qui dénoncent l’impotence du droit sont les mêmes qui ne cessent d’en saper les fondements.
Jean-Marc Defossez, magistrat, pour « L’œil de Réforme »
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