Il n’est pas de journée depuis l’intervention américaine en Iran où de doctes experts nous expliquent à longueur d’antenne que le droit international et l’ONU, ça ne fonctionne pas. Seul compte le recours à la force. Seule la menace, ou l’utilisation de la puissance militaire, pourrait ainsi modifier la marche du monde.
Une antienne qui semble à ceux de la religion réformée particulièrement dangereuse et fausse. Jean Calvin, juriste de formation et théologien par vocation, n’a cessé dans ses commentaires bibliques de rendre compte du lien entre la loi de Dieu, le pouvoir et le droit. Il affirme dans l’Institution de la religion chrétienne (IRC II,VII) que « la contrainte de la loi est nécessaire à la communauté des hommes, à la tranquillité de laquelle notre Seigneur pourvoit ».
Ainsi, face à ceux qui manient la force de frappe brute, il faut rappeler que le droit n’est pas une contrainte théorique, mais un rempart pragmatique. Imposer la distinction entre combattants et civils est le seul instrument qui empêche la guerre de devenir un pur exercice d’extermination mutuelle. Quand le droit international définit aussi des seuils (nécessité, proportionnalité), riposter sans limites risque de faire basculer à terme tout conflit vers le nucléaire et un chaos mondial.
Le droit offre en réalité un cadre de désescalade. Un monde sans règles est un monde où plus personne n’est protégé, pas même ceux qui se croient les plus forts. Sans le droit et la justice, il n’y a plus de limite à la barbarie, ni de chemin de sortie quand les armes se taisent… seulement des trêves amères qui préparent le conflit suivant. Calvin nous avait prévenus.
Jean-Luc Mouton, journaliste, pour « L’œil de Réforme »
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