Sous l’emprise de son compagnon, Manon Relandeau avait pris contact avec une association d’aide aux femmes victimes de violences conjugales, rapporte Le Parisien. Un rendez-vous avait même été pris, le 3 avril, date à laquelle une voisine a signalé sa disparition. Son mari est depuis soupçonné d’avoir tué sa compagne, qui pourrait être la 43e victime de féminicide de l’année 2026. En dépit d’une volonté politique affichée du gouvernement de lutter contre les féminicides, les chiffres sont à la hausse depuis 2023. À l’Assemblée nationale, la députée LFI Gabrielle Cathala alertait l’exécutif à ce sujet : « Au 31 décembre 2025, Nous Toutes comptaient 164 féminicides, un nombre en forte progression par rapport à l’année 2024 (141 féminicides), qui enregistrait déjà une hausse de 11 % des féminicides conjugaux enregistrés par rapport à 2023 ».
Dans les colonnes du Parisien, Monique, gérante de l’accueil téléphonique au centre d’information des droits des femmes et des familles (CIDFF) de Paris, témoigne. « J’ai des dossiers en attente, mais pas de disponibilité pour des rendez-vous », explique-t-elle. « On a en tête qu’il peut y avoir un drame. » Au milieu du mois d’avril, un ancien militaire abat son épouse et sa belle-sœur avec son fusil. Elle avait déposé une main courante quelques semaines plus tôt.
Un budget insuffisant et des dispositifs inefficaces
Malgré la mise en place de plusieurs dispositifs de protection, les femmes sont toujours plus nombreuses à mourir, victimes de leur conjoint ou en raison de leur genre. En 2019, le gouvernement avait mis en place un Grenelle des violences conjugales qui avait donné lieu à un numéro d’urgence, le 3919, le bracelet antirapprochement, ainsi que l’aide universelle d’urgence, venue compléter la mesure en 2020 et 2023. Pour la députée Insoumise Gabrielle Cathala : « leur efficacité demeure très limitée, notamment en raison de moyens budgétaires insuffisants ». En effet, parmi les victimes de l’année 2024, seules quatre bénéficiaient d’un dispositif de protection qui n’a pas empêché leur mort.
Prune de Montvalon, directrice du CIDFF des Alpes-Maritimes, précise : « on a multiplié notre budget par quatre en huit ans », indique-t-elle. Une augmentation malheureusement pas à la hauteur des violences de genre. Alors que le budget pour répondre aux besoins d’accompagnement et d’hébergement des femmes victimes de violences conjugales était de 282 millions, la Fédération des femmes indique qu’« il faudrait 2,6 milliards », pour satisfaire aux besoins existants, rapporte France Info. Pour les associations, l’un des problèmes réside dans le manque de formation des forces de l’ordre. « Il y a encore des policiers qui mettent en doute la parole des victimes. Certaines ont déposé plainte neuf ou dix fois, et il ne se passe rien », conclut Prune de Montvalon.

