Entre la Russie et l’Ukraine en guerre, un jeu de communication se déroule autour d’un très hypothétique cessez-le-feu entre les deux nations. Alors que Kiev a décrété unilatéralement un cessez-le-feu avec Moscou, la Russie poursuit ses bombardements, rapporte Le Parisien. 28 morts sont à déplorer côté ukrainien alors que ce cessez-le-feu, qui n’a pas été accepté par Vladimir Poutine, a débuté à minuit dans la nuit du mardi 5 au mercredi 6 mai. Côté russe, on demande une trêve pour la traditionnelle célébration de la victoire contre l’Allemagne nazie, le 9 mai. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a prévenu que Kiev répondrait « de manière symétrique » à toute violation de son cessez-le-feu.
Mercredi matin, le chef militaire de la région de Zaporijia, Ivan Fedorov, a observé une attaque russe sur un équipement industriel. Pour Volodymyr Zelensky : « Nous avons besoin de l’arrêt de telles frappes et de toutes les autres du même genre chaque jour, et pas seulement de quelques heures quelque part, au nom de célébrations », a-t-il indiqué. Il affirme plus loin : « C’est d’un cynisme absolu que de demander un cessez-le-feu afin d’organiser des célébrations de propagande, tout en menant chaque jour de telles frappes ». Dans la journée de mardi, les bombardements ont fait douze morts à Zaporijia, six à Kramatorsk, quatre à Dnipro, quatre à Poltava, une à Nikopol et une à Kharkiv, rapportent les autorités.
Un jeu de dupes entre Poutine et Zelensky ?
En tout, trois missiles et 108 drones ont été envoyés dans la nuit de mardi à mercredi, précise Le Monde. D’après la défense aérienne, 89 drones ont été abattus par les Ukrainiens : « Deux missiles balistiques, un missile aérien guidé et neuf drones d’attaque ont été interceptés sur huit sites », indique l’armée de l’air ukrainienne, qui précise également que « les débris d’un drone abattu sont tombés sur un site ». En Crimée, une attaque ukrainienne faite juste avant la trêve a fait cinq morts d’après les autorités locales. L’attaque a touché la ville de Djankoï d’après Sergueï Aksionov.
Cité dans les colonnes du Parisien, l’analyste politique ukrainien Volodymyr Fessenko, l’annonce unilatérale de la trêve par Kiev est une manœuvre tactique « informationnelle et politique ». En effet, « Si la Russie ne respecte pas notre cessez-le-feu, nous sommes en droit de ne pas respecter le sien. Cela annule l’initiative de Poutine » qui réclame lui-même une pause dans les combats pour le 9 mai. Pour Volodymyr Fessenko, il n’y a quasiment aucune chance pour qu’une des deux trêves ne soit acceptée. Depuis le 24 février 2022, la guerre entre les deux pays dure depuis quatre ans et deux mois.

