Une « occasion manquée ». Un rapport qui « passe à côté de l’essentiel ». Pour le Premier ministre Sébastien Lecornu, le travail issu de la commission d’enquête du député ciottiste Charles Alloncle ne va vraisemblablement pas dans la bonne voie, rapporte France Info. Visé par une plainte pour « trafic d’influence » et « prise illégale d’intérêt », le parlementaire avait plaidé pour une réduction drastique du périmètre de France Télévision au profit d’une privatisation d’une plus grande partie de l’audiovisuel public. Il a été épinglé par l’association AC!! Anti-Corruption samedi 2 mai.
Le 26 avril dernier, le journal Le Monde révèle les liens entre la direction de Lagardère News, dont Vincent Bolloré est premier actionnaire, et plusieurs députés dont Charles Alloncle. Selon le quotidien du soir, la direction des affaires institutionnelles et réglementaires du média aurait envoyé une liste de questions à différents parlementaires afin qu’ils les posent aux personnes auditionnées. Le parlementaire UDR, allié du Rassemblement National, s’est défendu en indiquant qu’il avait bien reçu ces éléments de langage mais ne les a pas utilisés pendant l’audition.
Des « tentatives d’ingérences inédites » ?
« Ce sont des éléments qui ont été envoyés sur la boîte publique d’un certain nombre de députés, notamment le président [de la commission d’enquête] » se justifie le député d’extrême droite. « Ce n’est pas ma boîte privée et personnelle. […] C’est vieux comme l’Assemblée nationale, quand on est député, de recevoir des contributions sur sa boîte publique », a-t-il déclaré.
Une posture contredite par la plainte déposée par l’association anti-corruption. En effet, « son comportement pendant les six mois de commission contredit cette thèse. Sa posture lors des auditions marquées par une hostilité systématique envers l’audiovisuel public […] est identique à celle suggérée par le groupe Bolloré dans ses listes ». Des accusations qui vont dans le sens des interrogations du président de la commission Jérémie Patrier-Leitus. Sur France Inter, le député Horizons avait notamment évoqué « des éléments concordants [qui] accréditent des tentatives d’ingérence inédites », rapporte Libération.

