Paul est le fondateur de l’Église de Corinthe, mais son ministère est contesté par des champions de la spiritualité qui lui reprochent de ne pas avoir assez de prestance, de ne pas parler avec assez d’autorité, de ne pas faire assez de miracles.

Au moment où il écrit à cette Église, il s’interroge sur la façon de répondre. Il est tenté de rappeler aux Corinthiens qu’il a exercé son ministère par des signes, des prodiges et des miracles. Il est tenté de mettre en avant une extase qu’il a eue quatorze ans plus tôt et qui a fondé son ministère.

Ce serait pour lui une manière de dire :

« Si vous voulez qu’on fasse une compétition d’expériences surnaturelles, j’aurais quelques arguments à avancer. »

Mais quand il y pense, il se dit :

« Si j’entrais dans une telle démonstration, je serais un fou. »

Comme Paul n’est pas fou, il pratique l’humour en utilisant la technique du contre-pied. Il raconte… l’expérience d’un échec, d’une prière qui n’a pas été exaucée. Il partage une part de son intimité en évoquant une écharde dans sa chair.

Nul ne sait ce qu’a été cette écharde, peut-être une maladie chronique qui le gênait dans l’exercice de son ministère. Paul dit que, par trois fois, il a supplié le Seigneur de le guérir… et qu’il n’a pas été exaucé.

Mais dans son non-exaucement, il a reçu une parole :

Ma grâce te suffit ! car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse.

Paul a été témoin en faisant de l’échec de sa prière un signe de la grâce.