150 000 parrainages en moins de vingt-quatre heures là où il lui avait fallu quatre jours, fin 2020, pour franchir ce seuil lors de sa troisième candidature à l’élection présidentielle. De nouveau en campagne pour la quatrième fois, Jean-Luc Mélenchon a frappé un grand coup à gauche lors de sa déclaration de candidature dimanche 3 mai sur le plateau de TF1. « Les divisions internes dans les partis font qu’il y a une multitude de candidatures et c’est la confusion. Nous, c’est carré, il y a une équipe, un programme, un seul candidat » a souligné le fondateur du mouvement. Face à la machine électorale insoumise, les partisans de la primaire tentent, tant bien que mal, de relancer une dynamique en leur faveur. Ils se réuniront pour un meeting parisien à la Bellevilloise mardi 5 mai, indique Le Parisien.

Miné par les divisions internes au PS (Parti socialiste) qui témoignent de plusieurs lignes opposées à celle du Premier secrétaire Olivier Faure, la primaire fait également face à la fronde interne au sein des écologistes. À tel point qu’un nouveau mouvement est né, le 20 avril dernier, fondé par des dissidents des écologistes : les Verts populaires. Du côté des anti-primaires, on temporise. Un « non-événement » balaye Jérôme Guedj invité sur la matinale de TF1 au lendemain de l’annonce de candidature de son ancien mentor. Proches de ce dernier, Raphaël Glucksmann, Boris Vallaud et Yannick Jadot peinent à convaincre au vu du nombre de signataires de la plateforme « Construire 2027 ». Lancée le 19 avril dernier, cette dernière ne compte que 18 854 signataires.

« On va lui laisser un grand espace »

Cité sur France Info, le député Laurent Baumel admet : « Jean-Luc Mélenchon met la pression sur la gauche », observe-t-il. Favorable à une candidature unique contre ce dernier, le parlementaire socialiste s’inquiète : « Si on continue à procrastiner, on va lui laisser un grand espace ». Pour certains, la candidature insoumise peut ainsi fédérer autour de la primaire déjà lancée, mais fragilisée, tandis que pour les autres, « Cette annonce ne provoquera aucun réflexe unioniste », témoigne une source chez Place Publique. Le parti devra également composer avec une autre ligne, elle aussi anti-unioniste : celle de François Hollande qui a indiqué se préparer à la course à l’Élysée dans le magazine Marianne.

Opposés à la ligne de rupture incarnée par la candidature de Jean-Luc Mélenchon, ses opposants supposent qu’il ne pourra pas réunir autant qu’en 2017 et 2022 où il fut, d’après eux, porté par une dynamique du vote utile. Prochain rendez-vous le 7 juin pour le candidat insoumis qui lance sa campagne présidentielle avec un meeting national à Saint-Denis. « Il n’y avait aucune raison d’attendre plus longtemps. Tout était prêt chez nous », témoigne Aurélien Taché dans les colonnes du Parisien.