Une présence à la fois douce et indomptable
Le sourire ? Une branche presque brisée, mais qui résiste au vent cruel de l’existence. Les yeux ? Sans doute un éclat de diamant, cette histoire à dormir debout que se racontent, la nuit, les amoureux de toutes sortes, une promesse. Et la voix bien sûr, élégante, assurée, mais poivrée de boulevard, un brin titi. Nathalie Baye, qui vient de mourir à 77 ans – « bon sang, pourquoi si jeune ? » dira la rumeur publique étourdie par la valse d’un départ – a su peupler notre mémoire collective d’un nombre formidable de rôles, personnages tristes ou drôles, intenses ou passagers. Tel est le destin des comédiennes, d’animer nos écrans de leur lumière. Elle vécut, de façon parallèle à sa vie d’artiste, un parcours d’amoureuse auprès de « Bad boys » – Léotard et Johnny, cela ne devait pas être une sinécure –avant peut-être, ces dernières années, de rencontrer quelque sérénité.
Une femme de paradoxes et de fidélité
Discrète et volontaire, forte et vulnérable, Nathalie Baye incarnait les paradoxes de la vie. La script girl de « La nuit américaine », toute timide et cependant vivace, énergique, avait de la ressource. L’étoile de ce début brille toujours en nous.
